La viticulture biologique

Le principe de la conduite de la vigne en agriculture biologique repose sur une approche globale du système vigne/sol/environnement et sur le maintien de cet équilibre.

Le mode de production bio interdit le recours à des produis chimiques de synthèse et aux OGM (Organismes Génétiquement Modifiés). La mise en œuvre de mesures prophylactiques (préventives) pour réduire la sensibilité de la culture aux attaques parasitaires est obligatoire avant d’envisager le recours à des produits d’origine naturelle de protection des plantes ou de lutte biologique. D’autre part, la gestion des adventices (mauvaises herbes) se fait par des interventions mécaniques (travail du sol, paillage, désherbage manuel…).

Le mode de production biologique permet d’entretenir et d’améliorer la fertilité des sols, favoriser la biodiversité et préserver la qualité des eaux. Le bio contraint au recours à des fertilisants exclusivement verts ou le compost.

Ainsi, la pratique de la viticulture biologique entraine systématiquement une augmentation de la ressource en main d’œuvre pour palier la moindre utilisation des produits : temps d’observation au vignoble pour anticiper les interventions, gestion mécanique et non chimique des adventices… Elle se traduit généralement par une augmentation des coûts de production (variable selon les conditions du milieu).

La vinification biologique

La production de vin est, ne premier lieu, soumise à une législation européenne : « l’Organisation Commune du Marché viti-vinicole - (OCM viti-vinicole : rgt (CE) 479/2008) et ses modalités d’application encadrant notamment les pratiques œnologiques (rgt (CE) 606/2009). Depuis le 8 février 2012, des règles sur la vinification bio viennent compléter le règlement bio européen (CE) 834/2007, permettant la certification de la vinification et plus seulement du raisin.

Les règles de vinification bio sont entrées en application au 1er août 2012. Les exigences sont les mêmes pour l’ensemble des pays européens. Elles s’articulent autour de 4 points clés définis sur la base de l’OCM viti-vinicole :

  • Des restrictions ou interdictions sur l’utilisation de certains procédés physiques (ex dés alcoolisation, électrodialyse, filtration utilisant un média dont la taille des pores est < 0,2µm, sont des pratiques interdites).
  • Le respect d’une liste restreinte d’additifs et auxiliaire œnologiques en privilégiant pour certains une origine bio.
  • Des restrictions sur les niveaux de SO2 total dans les vins commercialisés.

Une règlementation européenne

La production bio est encadrée depuis 1991 et dans toute l’Union européenne par le règlement (CE) 834/2007, « Principes de production bio et étiquetage », qui précise les règles à suivre concernant la production, la transformation, la distribution, l’importation, le contrôle, la certification et l’étiquetage des produits biologiques. Il est complété par le règlement (CE) 889/2008, « Règles d’application de la production bio ».

L’agriculture biologique est définie par le règlement comme « Un système de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleures pratiques environnementales, un haut degré de diversité, la préservation des ressources naturelles, l’application de normes élevées en matière de bien-être animal et une méthode de production ayant recours à des procédés et des substances naturels » (Considérant 1 du rgt (CE) 834/2007).

En France, l’Agriculture Biologique (AB) fait partie des signes de qualité. L’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) est en charge de l’application de cette réglementation bio.